Naître ou ne pas naître 

Le projet socio-artistique 2017 des ateliers de Théâtre, Musique et Théâtre et Migrations 

De Bertolt Brecht à Marion Hänsel : la tendresse

La Compagnie Côté Cour avait, jusqu’à présent, travaillé et présenté des pièces d’auteurs de théâtre reconnus du répertoire contemporain, comme Manfred Karge (2009) et Bernard Chartreux (2014), ou du répertoire classique comme Anton Tchekhov (2010), Jules Romain (2011), Michel de Ghelderode (2012), Friedrich Dürrenmatt (2013), William Shakespeare (2014) et enfin, Bertolt Brecht l’an dernier, en 2016.

Avec la pièce « Le Cercle de craie caucasien » de Bertolt Brecht, la troupe s’est confrontée à un style de jeu qui nécessitait des interactions avec le public et une distanciation critique par rapport à son personnage et la société. Brecht nous a appelés à « écouter la veuve et l’orphelin », il nous a parlé de justice sociale et de tendresse humaine. Brecht nous a aussi donné envie de parler davantage de nous, de trouver nos propres chemins détournés de théâtre pour raconter les interrogations, émotions et passions qui nous habitent et qui habitent le monde qui nous entoure.

C’est alors que nous avons croisé sur notre route la réalisatrice Marion Hänsel. A un moment de mise en point surprenant : au centre de contrôle technique automobile juste avant de prendre la route des vacances ! De cette rencontre fortuite est né le désir de voir ou revoir ses films. Son dernier film s’appelait « La Tendresse »…

Marion Hänsel « fait partie de cette génération de réalisateurs qui ont permis d’universaliser le cinéma belge en abordant des sujets touchant l’inconscient de tous les peuples. » 1

Avec son accord, nous avons plongé dans l’océan de ses films, nagé avec bon nombre de ses personnages pour s’en imprégner, les faire revivre parfois, sur un autre continent, dans un autre temps, un autre âge, un autre sexe, et de les faire se rencontrer pendant les neuf mois de nos ateliers du mardi.

En partant de l’intime, de l’état du foetus à celui de mourant, en privilégiant la liberté d’expression et d’expérimentation à travers des improvisations, en regardant ensemble ses films, en nous nourrissant aussi d’expériences personnelles, de lectures de romans, poèmes, articles et textes scientifiques, le thème de « La Tendresse » fut le fil conducteur de notre processus.

télechanchez le

dossier de dramaturgie

Biographie de Marion Hänsel 

De nationalité belge, Marion Hänsel est née le 12 février 1949 à Marseille (Bouches-du-Rhône, France).Auteure-réalisatrice, productrice et comédienne, elle s’est produite dans divers théâtres d’avant-garde bruxellois avant d’entamer une carrière de réalisatrice de courts et de longs métrages.

Marion Hänsel a grandi à Anvers. Très tôt, elle se passionne pour le théâtre et entre, en 1967, à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD) pour devenir comédeinne. Mais le type d’enseignement, composé d’une multitude de cours théoriques, ne lui convient pas. Elle apprend le métier sur le tas, en jouant puis part ensuite à New York pour suivre les stages de l’Actor’s Studio de Lee Strasberg.

En 1982, Marion Hänsel réalise son premier long métrage, « Le lit », d’après un roman de Dominique Rollin, couronné par le Prix Cavens, meilleur film belge. En 1983, naît son fils Jan. Deux ans plus tard, elle adapte « Dust », le roman du Sud-Africain J.M. Coetzee avec Trevor Howard et Jane Birkin, qui obtient le Lion d’argent à Venise et remporte un succès international. En 1987, elle réalise « Les Noces barbares », une adaptation de l’ouvrage de Yann Queffelec. La même année, elle est élue « Femme belge de l’année » et devient Présidente de la Commission de Sélection des Films de la Communauté française de Belgique. Ensuite viennent « Il Maestro » en 1989, « Sur la terre comme au ciel » en 1991, « Between the Devil and the Deep Blue Sea » en 1995 (en compétition officielle au Festival de Cannes), « The Quarry » en 1998, Grand prix des Amériques à Montréal, ou encore « Nuages: lettres à mon fils » en 2001. Ce dernier, véritable ode à la terre et à la vie, comporte une profonde dimension écologique.

En 2006, elle réalise un film tourné dans les déserts de Djibouti « Si le vent soulève les sables », ensuite « Noir Océan » en 2010, puis « La Tendresse » en 2013 et enfin « En amont du fleuve » en 2016.