Une Initiative Santé 

L’Atelier Côté Cour a été reconnu en 2007 par la COCOF en tant qu’Initiative Santé.

L’objectif initial du projet était et est toujours d’animer un lieu alternatif qui propose à la fois un accueil souple et des ateliers artistiques à des personnes adultes souffrant de solitude et/ou de dépression, en vue d’un rétablissement. Le rétablissement est un « processus éminemment personnel et unique de changement d’attitudes, de valeurs, de sentiments, de buts, d’aptitudes et de rôles. C’est une manière de vivre une vie gratifiante, optimiste et utile à la société, en dépit des limitations imposées par la maladie. »[1] 

En une période où les précarités, mais aussi le racisme, la xénophobie et l’intolérance semblent s’accroître, on peut faire le constat de la vulnérabilité des personnes qui souffrent de dépression et de la tendance à voir ces personnes selon leurs manques ou déficits et pas selon leurs ressources. Le rôle de la créativité est alors primordial : « une santé mentale suffisamment bonne, c’est la capacité de vivre et de souffrir dans un environnement donné et transformable, sans destructivité mais non pas sans révolte ; c’est-à-dire la capacité de vivre avec autrui et rester en lien avec soi-même, mais aussi d’investir et de créer dans cet environnement, y compris des productions atypiques et non normatives ».

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Nous pensons que la souffrance psychique n’est pas une fatalité naturelle et que nous pouvons la retourner en capacités créatrices ou artistiques, notamment par un travail collectif, communautaire, qui s’appuye sur les principes des droits humains, de l’attention aux inégalités de genre et de dialogue interculturel. 

  » Au sein de l’Atelier Côté Cour, la dramaturgie collective encourage à porter sa voix. La rendre audible et visible devient l’un des éléments clefs d’une citoyenneté. (…)

Le Conseil des participants permet de soutenir cet élan, offre la possibilité d’aller plus avant. Il est consultatif et participatif. Il réfléchit, propose, alimente et initie les projets présents et à venir. Espace de parole fondamental, le conseil interroge les modalités de travail des ateliers, les thématiques, révèle le sensible de certains projets, rappelle l’éthique tout en questionnant le bien-fondé des démarches. Ainsi les thèmes mûrissent, prennent de l’ampleur et de la profondeur. S’ils touchent à la souffrance psychique et ses réalités, ils explorent également des phénomènes de société….

Les ateliers tentent de fabriquer des liens de confiance grâce auxquels les participants osent prendre des risques: la prise d’une parole publique, le choix d’aborder des thématiques sensibles. La circulation entre les ateliers imprime un rythme et crée une dynamique collective d’acquisition de savoirs, qui vient nourrir ceux partagés par le groupe. (…) Ainsi les différents ateliers deviennent de véritables laboratoires de recherches et de créations, tous liés par cette volonté de transmettre à l’Autre des émotions qui font sens. » [3]

[1]VAN AUDENHOVE, C., Le rétablissement par soi-même – Vivre plein d’espoir…, Lannoo Campus, 2015.

[2]FURTOS, J., Les cliniques de la précarité, Masson, 2008.

[3] VAN HUFFEL L., avec JAMOULLE P., Le rétablissement en pratique(s), Lannoo Campus, 2015.