La Déesse Justice

 La Déesse Justice (2018-2019)

Toute la saison 2017-2018, nous avons tenté de réfléchir et d’aiguiser notre créativité autour du thème de la Révolte et notamment, en théâtre, du personnage héroïque de la jeune Antigone et des mouvements de désobéissance civile contre les violences faites aux femmes. « La Déesse Justice ne te laissera pas dire cela », clamait Antigone !

Mais qui et où est cette Déesse Justice ? L’équipe de l’Atelier Côté Courpropose de poursuivre un chemin de réflexions et de créations autour du thème de la Justice qui est revenu à plusieurs reprises dans nos échanges : qu’est-ce qui est juste et injuste ? Avons-nous tous et toutes un sens de la justice et/ou de l’injustice ? Si oui, pourquoi y a-t-il (encore) autant d’injustices dans le monde ?

Tou.te.s nous avons déjà ressenti depuis l’enfance des sentiments d’injustice et nous en gardons souvent des souvenirs tenaces. Nous disons souvent d’une injustice qu’elle est criante, comme un cri spontané. ‘C’est vraiment trop inzuste ! », s’exclamait Caliméro.
Tous les contes et les héros de notre enfance, Robin des Bois, Fifi Brindacier, Spider Man, Wonder Woman, et les résistant.e.s pendant la guerre, les militants et syndicats de nos jours clament la même chose.

Mais parler de la justice, c’est plus compliqué. Comment l’exprimer si ce n’est en envisageant ses multiples facettes. Où se rend-elle ? Dans un tribunal ? Alors, allons observer le Palais de Justice et peut-être des audiences et cherchons où la justice s’est rendue dans d’autres temps et d’autres contrées.

Et comment rendre justice ? Quelles sont les qualités nécessaires pour être juste ? Et qui peut rendre la justice ? Un juge unique, un jury populaire, un conseil de sages, un bureau de police, des milices privées… ? Et quels sont les liens entre la justice et l’art, la littérature, la sculpture, la peinture, le théâtre ? Est-ce que la justice est un art ? Et est-ce que l’art inspire la justice ?

Pour tenter d’explorer toutes ces questions de façon créative, nous regarderons des films qui traitent de la Justice, nous lirons des romans, des pièces de théâtre, des bandes dessinées, des chansons, des contes, des faits d’actualité, nous ferons des visites au Tribunal et au musée, et nous tenterons d’organiser des causeries populaires avec des intellectuel.le.s qui ont réfléchi à ces questions.

Et enfin, riches de toutes ces réflexions et expériences, nous tenterons petit à petit de « penser par nous-mêmes », de « penser en nous mettant à la place des autres » et de « penser de manière conséquente », en exprimant simplement par nos mots, nos couleurs, nos corps et nos imaginaires,  les questions de justice et d’injustice qui nous touchent le plus personnellement et qui ont parfois été si souvent « oubliées » par les philosophes du passé : les questions des droits des femmes, des personnes malades, handicapées ou démunies, des droits de la planète, des eaux, des terres et de l’air, et même des « animaux » non humains…

Viviane Wansart

 


(Références : trois philosophes : Hannah Arendt, Sophie Klimis et Martha Nussbaum –  Texte inspiré par « Penser, délibérer, juger – Pour une philosophie de la justice en acte(s) », Sophie Klimis, De Boeck Sup., LLN, 2018)