« Chavirer le monde »

Un projet socio-artistique des ateliers Ecriture et Théâtre et Migrations

« Chavirer le monde » est parti de la récurrence du thème de la justice, sur le mode du scandale, de l’exigence, du questionnement, de l’abattement ou de la colère, dans un monde marqué par des inégalités dont tout le monde expérimente la morsure, d’une manière ou d’une autre.

 

Éric Vuillard (prix Goncourt 2017 pour L’Ordre du jour) évoque le rôle de la création dans nos vies. Il le fait évidemment à propos de l’écriture mais le pari que fait l’Atelier Côté Cour, c’est que cette analyse vaut aussi pour la peinture ou le théâtre : « … l’écriture [la peinture ou le théâtre] est bien une activité …, destinée à nous orienter dans le monde et à le modifier. …  L’écriture [la peinture ou le théâtre] permet de revivre les choses, de ne pas rater le vif de l’évènement. Mais l’écriture [la peinture ou la théâtre] est aussi une force agissante, elle n’est pas là uniquement pour consigner nos malheurs…. Au fond, même chez les auteurs les plus intimistes … il s’agit de faire trembler les autres, de chavirer le monde, sinon pourquoi écrire  (peindre ou faire du théâtre] à longueur d’année … ? » [1]

 

Ce projet socio-artistique ne fera pas l’économie des clichés sur la justice. La meilleure manière de les approcher est encore de se confronter, pour commencer, à la justice des tribunaux, la justice judiciaire. Le projet s’organisera autour des actions suivantes : des visites au palais de justice, des confrontations avec des témoins, des professionnel·le·s de la justice ou des personnes qui mènent une réflexion à ce sujet, pour permettre à chacun.e de « rejouer » les rôles du·de la juge, du·de la justiciable, du·de la témoin, de l’avocat·e.  Mais ce projet socio-artistique ne se limitera nullement aux images que fait naître la justice judiciaire et il s’étendra surtout dans trois autres directions :

  • la justice sociale, impliquant la redistribution et une remise en cause des inégalités ; bref la justice comme facteur d’émancipation sociale et culturelle ;

  • la justice vue sous l’angle de l’intimité car au-delà du sentiment de ce qui socialement, judiciairement, moralement est juste ou injuste, il y a l’exploration de tout ce qui sonne juste en nous (ou pas)

  • Et enfin, nous aborderons la contemporaine question de la justice migratoire et des échanges interculturels en faisant se rencontrer les participant.e.s et idées des ateliers Ecriture et  Théâtre et Migrations.

    Ce projet socio-artistique débouchera sur la publication d’un recueil de textes et d’images (photos, vidéo).

    Animateur.trice.s : Christian Cession, Giorgos Sapountzoglou et Viviane Wansart. Stagiaire : Yasmina Bruccoleri.

     

    [1] VUILLARD, Éric, Interview au journal Le Monde du 18 janvier 2019