Connaissez-vous Marguerite Coppin ou Marie-Claire d?Orbaix ou encore Emma Lambotte ? Tant de poétesses belges du XXième siècle sont restées dans l?ombre.
Notre société patriarcale empêche de les reconnaitre à leur juste valeur. C?est pourquoi, la Compagnie de la cour a décidé de vous faire voyager au travers de l?histoire et des poèmes de ces femmes. Renée Brock, Marie Closset, Marguerite Coppin, Françoise Delcarte, Lucienne Desnoues, Marie-Claire d’Orbaix,
Louis Dubrau, Catherine Fauln, Irène Hamoir, Anne-Marie Kegels , Mimy Kinet, Emma Lambotte, Claire Lejeune, Jeanine Moulin, Marie Nizet, Sophie Podolski, Anne-Marie Smal, Andrée Sodenkamp, Coralie Van Der Cruyse, Felixa Wart-Blondiau, Liliane Wouters et d?autres seront présentes pour vous emmener.
Tant de paroles précieuses inspireront ce voyage. Elles sont synonymes de reconnaissance et de gratitude, de dons de paroles. Les paroles précieuses s?échangent entre « personnes liées par une alliance, et qui au-delà des mots, disent la confiance qu?on fait en autrui, la valeur que l?on accorde au lien qui les unit » (Jean-Claude Métraux, 2013).
Notre démarche artistique est à la fois de créer du lien avec la communauté et de faire revivre ces poétesses : mettre en lumière qui elles sont, ce pour quoi elles se sont battues, leurs joies, leurs peines et leurs réflexions, le matrimoine qu’elles ont créé pour les générations suivantes de femmes, et les remercier pour leur courage, le courage d?écrire dans un siècle fortement chamboulé où les femmes ont dû se battre pour se dire et se faire entendre.
La douceur de l?accordéon de Pirly Zurstrassen nous accompagnera lors de cette promenade poétique.
La connexion avec la nature semble être centrale dans l?expression artistique et littéraire de ces femmes. D?ailleurs, selon Jeanine Moulin en 1981, également poétesse belge du XXième siècle, « la féminitude se reconnaît dans cette façon d’appréhender le végétal, de se substituer à lui et de sentir renaître, comme lui, de chaque nouvelle naissance à travers laquelle il se perpétue ».
C’est dans cet esprit de féminitude des poétesses mais aussi nos besoins d?actrices et acteurs confiné.es depuis un an que réside notre souhait de faire virevolter nos paroles précieuses en plein air, dans la nature, dans des jardins, bois ou cimetières.

« Cher monsieur, chère madame, Je me permets de vous écrire en tant qu?artiste concernant notre envie d?organiser une performance poétique dans le Jardin Félix Hap à Etterbeek.» (Colomba)

« … je trouve bien ma place dans ce jardin avec son potager pour cueillir des tomates. » (Ali)

« … Je t?aime à travers les crocus mauves et blancs en grandes pompes. Je les cueille de ma main moite et dis oui à l?amour désuet de tes mains. Nous marchons gaiement au long du chemin large baigné de lumière. À vous, Marie Nizet » (Pascale)