Révolte et Poésie

Ce projet mobilisant les ateliers Peinture et Écriture se déroule de septembre 2017 à juin 2018.

Révolte et poésie ? Le ?et? est évidemment important, parce qu’il renvoie à deux forces qui travaillent nos sociétés : la révolte devant les inégalités croissantes ou devant l’absurdité d’une société enrayée et une sollicitation croissantes de nos forces ?poétiques? résultant d’une mutation des représentations du travail et de la vie sociale. Nos forces ?poétiques?, ce sont notre imagination, notre imaginaire, nos capacités d’invention ou de création et notre sensibilité quand elle s’applique aux contextes sociaux, culturels et économiques dans lesquels nous vivons.

Le choix de « révolte et poésie » a plusieurs objectifs :

  • se donner à elle-même (l’équipe) et proposer aux participants deux pôles de représentations et de réflexions, pour ne pas s’enfermer dans un imaginaire unilatéral ou unidimensionnel, à sens unique ; o injecter, avec l’imaginaire de la poésie, plus de légèreté dans un thème d’actualité – la révolte – qui risquait de devenir trop lourd ; ce que résume une participante à l’atelier d’écriture : « la révolte, je ne vois pas trop bien ce que c’est … mais la poésie, je n’en ai jamais fait mais je vois mieux et ça me branche» ;

 

  • ouvrir à l’expression et à la création un champ de possibles, dans un contexte politique, social, économique de fermeture de plus en plus paralysant, et un contexte culturel de plus en plus formel, formaliste et monopolisé par des productions industrielles conformes aux modèles dominants : pouvons-nous nous révolter dans ce monde ? Cela a-t-il un sens ? En prendrons-nous la liberté ? Que faire des sentiments de révolte qui montent en nous ? Nos réponses à ces questions – en dessins, en peintures, en fresques, en écrits, chansons, poèmes, haïkus, récits, fictions ou pas, … – seront notre manière singulière et collective de nous situer par rapport aux manifestations de plus en plus autoritaires – une sorte de police de la pensée – des pouvoirs économiques et financiers qui se substituent aux pouvoirs démocratiques ;

 

  • ouvrir le champ d’une reconnaissance de ce que chacun apporte à la vie sociale et culturelle, par ses mots, ses couleurs, ses formes, sa poésie propre, indépendamment de cette police de la pensée, dans l’indifférence à ce catéchisme ou même contre lui.