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Archives vivantes de Belgique

Trois ateliers, Écriture, Peinture et Côté Jardin se sont joints pour la création du projet « Archives vivantes de Belgique ».

Un projet de découverte et de création d’archives de sons, de voix, de voies, de souvenirs, d’objets, de recettes, de photos et le tout « made-in-Belgium ». Les ateliers ont mené ensemble une recherche identitaire et culturelle sur le sujet afin de mettre en place la publication d’un recueil de textes, un catalogue de recettes (d’écriture et autres) et une exposition.

Qu’est-ce que je sais d’Elle… ma Belgique, ma ville, ma région, ma rue ? Qu’est-ce que nous rêvons de la Belgique, comment est-ce que nous voyons sa mer du Nord, ses parcs bruxellois, ses forêts et ses paysages, son passé, son présent et son futur? Quels sont ses sons, ses goûts et ses habitant.es ? Quelle est la Belgique de chacun.e de nous ? Qu’est-ce qu’on connaît de ses artistes, peintres, cinéastes, autrices, poétesses et autres ? Comment la Belgique vit-elle en nous ? Car nous ne faisons pas que l’habiter ou la peupler. D’abord, elle nous habite toujours un peu. Ensuite, par petites touches, c’est nous qui, de nos vies, animons ses évolutions.

Sujet passionnant sur l’identité de ce pays et sa culture, sa « belgitude », mais aussi parler et partager « sa » Belgique. Pour chaque participant.e, même s’il ou elle vient de l’autre bout du monde, quel est son rapport, son expérience personnelle avec ce petit pays qu’est la Belgique ?  Quelles sont les choses frappantes, insolites, troublantes, banales, étranges et autres que je retiens de « ma » Belgique ?

Au creux de nos réalités sociales et culturelles, où tout fait histoire, ce projet a souhaite donner forme à des impressions et des expériences qu’impriment en nous la banalité d’habiter la Belgique et le plaisir ou l’ennui d’en arpenter quelques recoins, de s’en réjouir, de s’en agacer ou de se pourlécher d’une poésie bien spécifique. Le projet reflète tout ce que dans la vie quotidienne on met « de côté » sans même parfois s’en rendre compte. Tout ce qu’on met à l’abri du temps parce que cela peut toujours servir à nous comprendre et à nous tricoter un souvenir ou un moment à partager.

« Archives vivantes de Belgique » signifie donc donner vie à ce qui nous habite et que nous habitons. Ce qui importe ici, c’est le vivant, le socialement vivant, l’affectivement vivant, « l’imaginairement » vivant dont nous composons notre monde, nos textes et nos peintures, dont nous savons nourrir nos libertés, nos savoirs, notre raison et nos fantaisies.

Ce projet se terminera le 10 novembre 2021 par une exposition, des lectures de textes, la publication d’un recueil et une causerie avec le professeur de littérature de Liège Gérald Purnelle.

Textes et peintures de : Hayet Benabderrhmane, Jocelyne Bidart, Soumeye Copur, Térèse de la Croix, Catherine Domken, Christiane Dooremont, Martin Dozo, Axel Geeregat, Chantal Geuze, Aurore Goethals, Marie-Christine Hache, Colette Hoyois, Françoise Installe, Véronique Lhoir, Marie Louise, Yvette Maringer, Claudine Meurisse, Bertrand Schmelz, Julie Scholz, Olivier Timmermans, Aude Van Diest, Claude Van de Kerckhove, Pascale Lacerda Garcia, Charlotte Dion, Catherine Domken, Chantal Venherrewegen.

Animation : Roxana Alvarado, Christian Cession, Carolina del Valle, Fanny Goerlich, Giorgos Sapountzoglou et Viviane Wansart.

« Un autre pays » de Christian Cession (introduction au recueil « Ma Belgique – archives vivantes »)

 

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est un peut-être.

Pays de brume et de pâle soleil,

de grisaille en attente de couleurs.

 

L’auteur est un polisson. Nous ne saurons jamais si son pays existe quelque part, si, son pays, c’est l’hiver ou une autre saison, si c’est un lieu ou un moment. Mais tout est là de ce pays insolite où tant de dunes exilent la mer. Où tant de collines, de combes et de falaises égarent le voyageur. Où tant de femmes et d’hommes saugrenus, lunatiques, loustics, cocasses et impertinents exacerbent en nous le goût de l’humain et la faim de serrer dans nos bras leurs corps et leurs rêves, leurs lassitudes, leurs emportements et leurs joies

 

Les auteurs et les auteures font parler le peut-être, lui donnent des voix de patience, de bouillonnement et d’embrasement, des voix ardentes et d’autres guillerettes. Ils et elles nous mènent aux portes du peut-être, au cœur du peut-être, aux marges du peut-être. Là où il prend forme et se déguise en ici et maintenant.

Un peu de poivre, un peu de sel. Un peu de mots, quelques phrases et bien des idées folles. Ail, thym, lubies et trouvailles. Rouler ces chimères dans l’impertinence et la sensualité. Les saisir au vol et les rissoler à la poêle ; pour déglacer choisissez un vin blanc généreux en accents lumineux et ténébreux ; ajouter le liant de la surprise. Fourrer ces fantaisies d’incertitude, de tâtonnements, d’éclats de sens et de rire. Faire vivre les personnages, leur donner une voix, les servir croquants.